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Soutenance de thèse : Ali Karaouzene

Titre de la thèse

Construction sociale d'une esthétique artificielle. Berenson, un robot amateur d'art.

Date et lieu de soutenance

Mardi 28 février 2017.

Université de Cergy-Pontoise, site de St-Martin 2, amphithéâtre des Colloques (Bât E).

Résumé

Dans cette thèse nous nous intéressons à la problématique de la construction de l'esthétique chez les humains. Nous proposons d'utiliser un robot comme modèle pour étudier les briques de bases qui participent au développement des préférences esthétiques. Nous utilisons le terme d'esthétique artificielle (E.A ) pour désigner les préférences du robot. Plusieurs travaux de recherche tentent d'établir des théories de l'esthétique que nous séparons ici en deux approches. D'une part, les approches empiriques qui étudient les préférences esthétiques d'un point de vue expérimental. Nous nous intéressons notamment à une branche plus radicale des approches empiriques, nommée la neuroesthétique. Celle-ci postule l'existence de structures cérébrales dédiées à l'appréciation des scènes visuelles en général et de l'art en particulier. D'autre part, les approches sociales qui avancent que les préférences esthétiques se transmettent de génération en génération et se construisent selon l'historique de l'individu et de ses interactions avec les autres. Le contextualisme historique est une branche des approches sociales qui établit un lien entre le contexte dans lequel une œuvre est observée et son appréciation. Sans remettre en cause l'approche neuroscientifique, nous avons choisi de nous positionner dans une approche sociale et développementale en utilisant des méthodes expérimentales telles que celles utilisées en esthétique empirique. Nous étudions l'émergence du sens esthétique dans le cadre de la référenciation sociale. On appelle référenciation sociale la capacité à attribuer des valences émotionnelles à des objets a priori neutre. Nous testons nos hypothèses sur robot mobile dans un cadre d'interaction triadique : homme-robot objet. Ceci dans un milieu naturel centré sur des humains non initiés à la robotique. Les humains jouent le rôle d'enseignants (professeur) du robot. Ils ont la tâche de suivre le robot dans son développement et de lui enseigner leurs préférences pour lui permettre de développer son propre "goût". Nous avons choisi de mener nos expériences dans des milieux dominés par l'esthétique comme les musées ou les galeries d'art. Toutefois, ces expériences peuvent être menées en tout lieu où des humains et des objets seraient disponibles. Notre robot, nommé Berenson en référence à un célèbre historien de l'art du 19ème siècle, est un outil pour comprendre d'une part comment s'installent des interactions sociales et comment les humains prêtent des intentions aux machines, et d'autres part il permet d'étudier les briques minimales d'intelligence artificielle à mettre en place pour construire une esthétique artificielle.

Mots-clefs

Neuroscience, Robotique, Réseaux de neurones, Art, Cybernétique, Bio-inspiré.

Abstract

In this thesis we propose a robot as tool to study minimal bricks that helps human develop their aesthetic preferences. We refer to the robot preference using the term Artificial Esthetics (A.E).

Several research work tries to establish a unified theory of esthetics. We divide them into two approaches. In one side, the empirical approaches which study esthetic preferences in an experimental manner. We mainly discuss the more radical branch of those approaches named "Neuroesthetic". Neuroesthetic advocates the existence of neural structures dedicated to visual scene preference and particularly to art appreciation. In another side, the social approaches which advocate that esthetic preferences are transmitted generation after generation, and they are built according to the individual historic and his interaction with others. Historical contextualism is a branch of the social approaches of art that draws a link between the appreciation of an artwork and the context where the artwork is observed.

Without rejecting the neuroscientific approach, we choose a social and developmental way to study artificial esthetic using experimental methods from the empirical esthetic. We study the esthetic preferences development in the social referencing framework. Social referencing is the ability to attribute emotional values to à priori neutral objects. We test our hypothesis on a mobile robot in a triadic interaction : human-robot-object. This in a natural human centered environment. Humans play the role of the teachers. They have to fololow the robot in his development and teach it their preferences in order to help it develop its own "taste". We chose to conduct our experiment in places dominated by art and esthetics like museums and art galleries, however, this kind of experiment can take place anyway where human and objects are present.

We named our robot Berenson in reference to a famous art historian of the 19th century. Berenson is a tool to understand how human project intentions into machines in one hand, and in the other hand the robot helps scientist build and understand minimal artificial intelligence bricks to build an artificial esthetic.

Keywords

Neuroscience, Robotic, Neural network, Art, Cybernetic, Bio-inspired

Composition du jury

  • M. Arnaud Revel, Rapporteur, Professeur, Université de La Rochelle
  • M. Peter Ford Dominey, Rapporteur, Directeur de recherche, Inserm U846
  • M. Rodolphe Gelin, Examinateur, Ingénieur, SOFTBANK
  • M. Nicolas Rougier, Examinateur, Directeur de recherche, Inria Bordeaux Sud-Ouest
  • M. Paul Dumouchel, Examinateur, Professeur, Université Ritsumeikan, Kyoto
  • M. Philippe Gaussier, Directeur de thèse, Professeur, Université de Cergy-Pontoise
  • M. Denis Vidal, Directeur de thèse, Directeur de recherche, IRD

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